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Une avarie d’étai (câble qui tient le mât) a contraint le skipper Louis Duc (Class40 Carac) à lever le pied hier soir et à s’éloigner de la route directe. Il était alors en 2e position, à la bagarre en tête de flotte depuis le départ de cette Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Il naviguait dans des conditions musclées, mais maîtrisées. Le skipper Normand se déroute sur Porto pour réparer.

La victoire n’est donc malheureusement plus dans sa ligne de mire mais, étroitement soutenu par l’ensemble des collaborateurs Carac, il reste absolument déterminé à batailler pour revenir dans la course au plus vite.

 

Louis Duc a été victime d’une avarie d’étai hier soir. Il bataillait en 2e position de la flotte des Class40 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, sur une route directe, par 30 nœuds de vent établis, dans une mer formée.

Louis Duc (Carac) : « Hier soir, vers 21h30 TU, alors qu’on naviguait au reaching dans une bonne trentaine de nœuds, un ris Solent, le bateau traçait en permanence entre 15 et 20 nds : l’allure favorite du bateau, on ne s’en privait pas ! L’écart avec les concurrents à mes trousses allait très probablement bien se creuser. D’après le pointage de la course, Veedol (le Class40 de Yoann Richomme, en tête de flotte, ndlr) et Carac naviguaient 5nds plus vite que les autres…

Là, j’ai entendu une détonation. Dans la nuit noire, avec le bateau couché et des à-coups violents, je n’ai pas vu tout de suite ce qui se passait mais, lorsque j’ai compris que c’était l’axe d’étai qui avait cassé, j’ai immédiatement sécurisé le mât avec des drisses.

La trinquette était à poste, sur son étai : elle a sauvé mon mât ! J’ai eu une chance énorme ! J’ai mis un moment à sécuriser le bateau et j’ai ensuite dû faire route au portant, la seule allure possible désormais pour moi. »

 

Cette avare majeure n’est donc liée ni a des conditions de navigation extrêmes ni a un défaut de préparation : « Toutes les pièces custom ont été refaites cet été, nous avions pris toutes les précautions nécessaires. Louis a été particulièrement exigeant là dessus. Malheureusement, c’est juste au-dessus que ça a cassé : une pièce standard », confirme Marc Lefebvre, responsable du chantier V1D2.

 

Repartir au plus vite

Louis n’a pas une seule seconde envisagé abandonner. Après avoir espéré pouvoir réparer en mer, il a décidé ce matin de faire une escale technique à Porto : « Je suis monté dans le mât ce matin, c’était la guerre, par 30 nœuds et une mer toujours costaud. J’avais ballasté le bateau pour le stabiliser un peu. J’ai mis une heure pour monter… et il m’a fallu ensuite 40’ pour couper mon Solent et autant pour libérer l’étai. A chaque vague, il fallait faire attention de ne pas se prendre un coup de couteau dans le nez !

Le souci c’est qu’avec les tensions et les frottements au niveau de l’attache de l’étai de trinquette : il est tombé lui aussi ! Le mât ne tient plus que par des drisses. Il faut donc passer par la case « Portugal » pour réparer. Mais l’objectif reste de repartir au plus vite avec un bateau à nouveau en état de performer. »

 

Une détermination et un état d’esprit battant qui fait parfaitement écho au soutien de l’ensemble des collaborateurs Carac : « Les messages d’encouragement affluent sur les réseaux sociaux et en interne. Nous sommes tous derrière lui. Nous allons suivre le dénouement de cet événement de très près. Nous savons qu’il a un état d’esprit de guerrier et qu’il est en capacité de trouver les solutions pour repartir », affirmait ce matin Stéphane Macé, responsable marketing et communication de Carac.

 

Un autre défi à l’horizon

« La course à la victoire c’est désormais fini pour moi. Mon objectif est de tout faire pour continuer vers la Guadeloupe. Un autre défi est en route désormais, ce n’est pas celui pour lequel nous étions venus avec la Carac, mais je vais me battre pour que nous puissions repartir en course bientôt ! », écrivait Louis ce matin.

 

Louis Duc espère rallier Porto vendredi et repartir le lendemain à l’assaut de sa transat.